Depuis le 29 Octobre, donc, journée noire pour le Brésil (du moins pour moi et ceux qui pensent comme moi !!), de l’eau a coulé sous le pont Rio-Niterói. C’est bien sûr, une image pour illustrer mon propos. Le pont Rio-Niterói, est le pont qui relie la ville de Rio à celle, voisine, de Niterói, sur la côte Est de la baie de Guanabara.

Les lumières fastueuses de Rio face aux cités ouvrières de Niterói.

Et croyez bien que le trafic va bon train en ce moment sur ce pont qui symbolise un peu la barrière entre les classes ouvrières et la classe dominante du pays. Le pouvoir a définitivement changer de mains.

Mais est-ce aussi simple que cela ??

Il avait déjà bien commencé, ce transfert des pouvoirs, depuis ces deux funestes années de coup d’état parlementaire qui avaient vu la destitution de Dilma Rousseff dans les conditions rocambolesques que l’on connaît. Mais là, poussé par la population en délire, confortée par le vote populaire, la démocrature se sent poussé des ailes. La démocrature sait qu’elle peut désormais faire tout ce qu’elle veut, tout ce dont elle a toujours rêvé. Elle possède désormais le sacro-saint alibi de la « voix du peuple. Elle peut, par exemple, resserrer la ceinture que le PT avait passablement desserrée tout au long de ses 15 ans de règne.
Le « ruissellement » de la manne pétrolière fonctionnait à plein régime, les pauvres étaient moins pauvres et les riches étaient plus riches, bref tout le monde étaient content. Tout le monde ?? Non, c’était sans compter avec la rapacité sans fin de l’élite qui voyaient d’un mauvais œil tout cet argent lui filer sous le nez. Ses enfants « obligés » de partager les bancs des universités avec des miséreux et même avec des « noirs » !! Les files d’attente aux comptoirs des enregistrements des compagnies aériennes n’avaient plus de fin… Bref, on n’était plus « entre nous » !!
Mais aussi mettre un frein à ce relâchement des mœurs que le PT avait permis… faire retourner les pédés dans leur placard d’où ils n’auraient jamais dû sortir, renvoyer les noirs dans les favelas, là où on peut plus facilement les exterminer et stopper cette cette audace des indigènes de vouloir reprendre leurs terres, de vouloir reprendre possession de leur forêt. 

Stop au ruissellement, donc. La « Lava-Jato » est là pour ça. On envoie la grosse artillerie et on n’hésite pas à torpiller le fleuron de l’industrie brésilienne, la Petrobras, pour arriver ses fins. De toute façon, dans le Brésil de Michel Temer, d’abord, et dans celui, encore à l’état de projet balbutiant de Bolsonaro, tout est à vendre !! Et certainement pas au profit du peuple brésilien, cette fois-ci. On continue l’opération « liquidation » avec le plus grand groupe industriel brésilien (construction, pétrochimie, défense et technologie, transport et logistique etc…), le fleuron de l’industrie brésilienne et principal pourvoyeur des politiciens. Inutile de préciser « véreux », ils ont TOUS touché dans ce système érigé en industrie des pots-de-vins. Tous sauf ceux qui ont payé pour ça: c’est-a-dire, Dilma Roussef et Lula, qui n’ont jamais rien demandé pour eux-mêmes. La destitution de la première s’est faites sur ses « arrangements » budgétaires (les fameuses « pédalades fiscales », jongler d’une année sur l’autre avec le budget de l’état pour camoufler les « trous ») et l’incarcération du deuxième sur des « soupçons » et des « intimes convictions ». Des preuves ?? Non, rien, aucune. Par contre tous les autres (y compris les anciens présidents, Sarney, Collor de Melo, Fernando Henrique Cardoso, ainsi que l’actuel président en exercice, l’usurpateur, contre qui on a les preuves, les noms, les dates et les sommes reçues, ceux-là courent toujours dans la nature, libres comme l’air.

La cible n’était que le PT. Et au bout de la chaîne, son symbole, son icône, l’idole de tout un peuple, Lula da Silva.

Mais je m’égare, mon propos, ici, n’est pas de refaire le procès de Lula ni de lui ériger une statue, ça ne fera pas avancer les choses. Et c’est trop tard.
Non, ce que je veux comprendre c’est comment on est passé des 40% d’intentions de votes en sa faveur avant son incarcération (que tout ces soutiens savaient être « politique ») à ces malheureux 20% du premier tour pour son remplaçant Fernando Haddad ??
Peu connu des brésiliens (à part des paulistas, il a été Maire de São Paulo), concurrencé (mais dans une toute petite mesure) par Ciro Gomes, il n’a pas su rassembler comme savait le faire Lula ?? Non plus. Dans un cas comme ça, (type front républicain, bien de chez nous) on ne regarde pas la personne et on vote pour le programme et surtout « contre » l’extrême droite que représente Bolsonaro, les relents de junte militaire, les saillies homophobes et racistes, l’imbécilité crasse et les preuves d’enrichissement personnel (de lui et de ses fils, eux aussi politiciens). Mais on est au Brésil. Tout ça n’a pas suffi. Tout ça n’a servi à rien. « Ils » l’ont élu avec 10% d’avance… Ces abrutis, j’ai failli dire !!
Tout le vernis humain que Lula et le PT étaient parvenus à mettre sur le fond crasseux, racistes, homophobes des brésiliens à volé en éclats en l’espace d’un petit mois. Que s’est-il passé ?? La lumière du monde vient de s’éteindre et les peuples attristés se demandent aussi comment ils ont pu en arrivé là.

Qui pourra expliquer ce qui s’est passé ??

Je ne sais pas si c’est un signe, mais ma montre s’est arrêtée hier soir à 23h30… heure où les chaînes brésiliennes ont commencé à annoncer les premiers résultats, heure où le président désormais élu, Jaïr Bolsonaro, a fait sa première déclaration. Déclaration d’ailleurs précédée d’une bonne poignée de minutes de prière ridicule à la façon des évangélistes, les yeux fermés, les mains ouvertes vers le ciel, dans une attitude d’extase tout à fait digne du président de la république de la huitième puissance du monde. Puis il s’est ensuite abaissé à parler à la nation brésilienne. Son camp, d’abord, qu’il a remercié, en des termes mesurés (la toute première intervention avait eu lieu quelques minutes avant sur son compte Facebokk. Elle était un plus musclée) et puis à ceux du camp d’en face qu’il a assuré de sa mansuétude, du moins tant qu’ils respectaient la loi. Et comme dès à présent, la loi, c’est lui, il suffit d’un rien, d’une nouvelle ligne rajoutée en catimini, pour par exemple, interdire aux homosexuels de se promener main dans la main, aux communistes d’afficher leurs préférences, et aux indiens de refuser d’abandonner leurs terres aux bennes des tracto-pelles.
Donc, attendons de voir ce qui se passe pour l’instant on est dans un état de sidération totale. Jusqu’au bout on y a cru, au retournement de situation, à la virade. Mais comme cela se répète aux quatres coins du monde depuis un certain temps déjà (y compris chez nous), à l’heure du choix politique, la pire des situations envisageables est toujours celle qui l’emporte. Il existe, chez nous, des lois qui interdisent certains discours, les appels à la haine, la désignation de boucs émissaires (même si on fait toujours appel à la liberté d’expression, celle-ci est tout de même encadrée), les références à la race où à l’orientation sexuelle ou aux préférence religieuses… Ici, foin de tout cela, du plus haut dignitaire au moindre petit connard caché derrière son écran, les bas instincts ont été libérés par les outrances verbales de ce monsieur. Les loups sont lâchés dans les rues, pédés, noirs, communistes et femmes de mauvaises vies, un conseils: planquez-vous !! Au moins pendant un certain temps, juste le temps de voir ce qui se passe.
Pour ma part j’ai du assister à la soirée électorale sur la Rede TV, télévision qui n’a jamais caché le camp qu’elle avait choisi, j’aime bien aller voir chez l’ennemi dans des cas comme celui-là !! Et là, je n’ai pas regretté. Enfin si, mais ça valait la peine, juste pour se rendre compte que déjà, ils flipent tous parce qu’ils se sont rendus compte, finalement, que le seul programme de gouvernement de leur candidat, maintenant élu, était d’en finir avec le PT et Lula. C’est chose faite. Et maintenant ?? Maintenant le Brésil, en tant que pays, est à la dérive… Les grandes entreprises ont pris le pouvoir, uniquement préoccupées de leurs gigantesques profits, les propriétaires terriens sont dans les starting blocks pour mettre la main sur ce qui reste de l’Amazonie afin d’agrandir leur surface de culture, les rues vont passer aux mains des esquadrons de la mort et des fous sanguinaires et solitaires désormais armés et soutenus par le président lui-même pour « nettoyer » les rues, vu « qu’un bon bandit est un bandit mort« . Déjà, « l’honête citoyen » parade dans les rues en brandissant son fusil, sûr de son bon droit. La vie va devenir un enfer pour tous ceux qui ne pensent pas comme eux, la vie va devenir un enfer y compris pour les décervelés qui ont voté pour lui, mais aussi et surtout pour les soutiens ouvertement déclarés d’un autre Brésil, plus humain, plus démocratique et plus ouvert à l’autre. La vie ve devenir un enfer pour les pauvres, pour les noirs, pour les LGBT, pour les indiens, pour les femmes, la vie va devenir un enfer pour un nombre incalculable de personnes, et des gens que j’aime en font partie…
Il n’empêche que l’épisode à de forts relents de « revenez-y » et n’est pas sans rappeler la parenthèse Color de Melo, entre 1990 et 1992. Candidat déclaré de la TV Globo, il avait été élu sous l’étiquette « chasseur de maharadjahs », les corrompus de l’époque, il allait tout changer à la politique, ses soutiens étaient les mêmes que les soutiens de Bolsonaro aujourd’hui. La classe moyenne et les élites tremblaient de bonheur. Enfin un homme d’affaire qui s’y connait vraiment !!! Il leur aura fallu deux ans pour retourner leur veste et le pousser à la démission, juste à la veille de son impeachment. Cette procédure est inimaginable dans tout autre pays, au Brésil on en a déjà eu deux en l’espace de trente ans.

Je ne donne pas deux ans à ce gouvernement. Et je prends les paris. Rendez-vous dans deux ans pour l’impeachment de Bolsonaro !!

Brésil: L’énergie du désespoir…

Publié: 28 octobre 2018 dans Non classé

C’est aujourd’hui que l’on va savoir si le Brésil bascule ou pas, du côté obscur. Une journée qui va paraitre bien courtes à ceux qui s’activent avec l’énergie du désespoir pour tenter de faire changer d’avis le maximum de personnes. Certains, conscients qu’il fallait quitter les réseaux où l’on ne fait que s’invectiver stérilement, bien à l’abri derrière son écran, installent des chaises pliantes autour d’une table où est posé un thermo de café, provoquent la discussion, à leurs risques et périls d’ailleurs, tant les incidents parfois violents, se sont multipliés aux quatres coins du pays. Les nervis de l’autre sont en effet lâchés, et les rues résonnent de leurs éclats à travers tout le Brésil. Ici, un supporter de Haddad avec un tee-shirt du PT, là (à Fortaleza, Céarà) une étudiante noire se fait violer à la sortie de l’université qu’elle fréquente après avoir été menacée d’un « prépare-toi, bientôt tu remettras plus les pieds ici », ailleurs un groupe de survoltés envahit une réunion syndicale aux cris de « comunistes suppôts de satan ». On est là, un peu hébété, dans un état second, sonné par tant de fureur gratuite et de bas-instinct déchaînés. Après avoir été sonné, par le résultat sidérant du premier tour. Et, même si Haddad, à force de pédagogie et de présence constante aux quatres coins du pays a su refaire un peu de son retard, il n’en reste pas moins que l’écart est toujours confortable pour le candidat fasciste, ennemi des libertés individuelles et se situe, au dernier sondage de l’institut Dataflolha, aux alentours de 10 à 12% (56% 44%).
Une telle différence est-elle encore possible à combler ?? Les espoirs de retournements de situation agitent la toile (du moins ma timeline à moi) de soubressauts plus ou moins réalistes et enthousiastes. Il faut dire que l’autre (celui dont on ne doit prononcer le nom) accumule les petites erreurs: accusé de provoquer, par son discours belliqueux, tous ces déchainements de haine dont on vient de parler, il se défend en affirmant qu’il ne contrôle rien, et qu’il ne peut pas être derrière le premier dingue venu qui porte un tee-shirt à son effigie pour faire ses conneries, qu’il à autre chose à faire (quoi ? préparer son programme de gouvernement ?? à chaque question il répond de manière évasive et renvoit au futur ministre concerné). Amasser sa fortune alors ?? celles de son deuxième fils (lui aussi député, comme le premier) a vu son capital multiplié par 430 (430 !!) au cours des trois dernières années. Non. Son programme de gouvernement c’est: « Je vais changer tout ça », « Le brésil n’en peut plus de tous ces voleurs (sous-entendu « du PT ») »
Le seul moteur qui les anime c’est leur haine du PT. Pourquoi ?? La fatigue des raclés électorales depuis 13 ans ?? Leur incapacité à reprendre le pouvoir par le vote. D’où la longue préparation du terrain dont on a parlé dans les précédents billets (« Brasil uber alles » et « Brésil, entre deux tours, l’angoisse… »), l’opération de décrédibilisation du PT, la mise en scène patiemment montée de la descente aux enfers de Dilma Rousseff et Lula. La corruption. Wait !! Wait wait wait !!!

Sur la corruption, ce sont des maitres. Tous les outils de luttes contre cette corruption qu’ils semblent dénigrer si fortement avec des trémolos dans la voix leur ont été mis dans les mains par Dilma et Lula. Contre la première, ils n’ont jamais rien trouvé (et ce n’est pas faute d’avoir cherché) et contre Lula ils n’ont eu pour parvenir à leurs fins que leur « intime conviction », laquelle a largement suffit pour envoyer l’ex-président en prison. Le monde entier est d’accord pour dire qu’il s’agit d’une incarcération abusive et que Lula est bel et bien un prisonnier politique. Le fameux triplex de Guaruja, quant à lui, prête à sourire car comparé aux appartements de cinq pièces avenue Foch à Paris de certains, il fait figure de studio miteux. Les inventeurs du système, ce sont eux, qui continuent à se gaver allègrement, et la crédulité des électeurs de celui qu’on ne peut pas nommer laisse pantois tant elle est hors de proportion. Alors que certains au PT se soient laissés aller, sans aucun doute, oui, que Lula ait été au courant, sans doute aussi, mais croire que Bolsonaro et sa clique vont en finir avec la corruption c’est un doux rêve. Au contraire, ils veulent la place pour pouvoir profiter encore mieux du système. Reprendre pour de bon les rênes du pouvoir et les clé du coffre. Ils sont insatiables. Ce sont des nuisibles. La seule excuse que je vois à ces électeurs décérébrés c’est l’espoir d’en toucher des miettes au passage.

PS: Le dernier sondage donne aujourd’hui une égalité parfaite. Peut-on espérer ?? Je croise les doigts pour mon Brésil. Je ne peux pas faire grand-chose d’autre !!!

 

Il n’en reste donc que deux:

À ma droite,
Jaïr « messias » Bolsonaro, ex-capitaine déchu de l’armée brésilienne. En effet, en 1988, il quitte l’armée suite à des « conflits » avec sa hiérarchie (il semble en fait qu’il se soit fait viré, la dite hiérarchie le trouvant déjà trop incontôlable). Le vent de liberté qui soufflait à l’époque (c’était le retour à la démocratie directe, le début de sa « chienlit » à lui !!) ne devait pas avoir l’heur de lui plaire… Il s’engage alors en politique et entame une longue carrière de député fédéral de Rio sous différentes étiquettes, mais toujours avec le même discours de droite du siècle dernier. Pendant tout ce temps, il ne fait pas grand-chose, sinon arrondir sa fortune, tout en soutenant quelques propositions de loi, toutes rejetées. Bref, une petite vie pépère de politicien moyen comme le Brésil en produit treize à la douzaine depuis des temps immémoriaux.
Jusqu’à ce fameux jour d’avril 2016, où il va se faire connaitre au monde de manière rocambolesque. En effet, ce jour-là, on destitue, monsieur, on destitue, et comme on est au Brésil, on destitue dans le lyrisme et le patriotisme exacerbé. Ce fut une séance dont on se rappelera longtemps, ailleurs, on aurait bêtement comptabilisé les votes exprimés sur des consoles électroniques, mais je le répète, on est au Brésil et au Brésil faut que ça claque: la Rede Globo qui a choisi son camp depuis bien longtemps, elle a été créée par le régime militaire en 1965, ne se prive pas de mettre cette séance en scène au vu de tous, pour que tous sachent que le PT, c’est fini !! Chaque député prendra donc la parole pour dire s’il vote oui ou non à la destitution de Dilma Roussef. Les rédactions du monde entier en restèrent bouche béé (pour ne pas dire « perplexe ») à l’époque, ne sachant trop comment réagir face à ces contingents de malades mentaux qui dédiaient leur vote à Dieu et à tous ses saints, à la Patrie, avec un grand « P », à la sainte famille brésilienne et à n’importe quoi d’autre qui leur passait par la tête à ce moment-là !!! Jusqu’à… Jusqu’à Jaïr Bolsonaro qui dédia le sien à la mémoire de Carlos Alberto Brilhante Ustra.
Cela vaut la peine d’ouvrir ici une petite parenthèse, pour présenter le personnage: Brilhante Ustra, plus connu sous le pseudonyme de « dotor Tibiriçà », est le Heinrich Himmler du DOI-CODI, la gestapo de la dictature brésilienne. Pendant quatre ans il eu le pouvoir de vie et de mort sur tous ceux qui avait le malheur de lui passer entre les mains. À toutes les séances des « commissions de la vérités » où il fut convoqué, il se retrancha derrière son devoir de réserve et deriière le fait qu’il était militaire et « obéissait aux ordres », lutant contre le terrorisme. Il est mort d’un cancer en 2015, l’année précedente, donc, les évènements dont on parle. Le fait de dédier son vote à ce personnage qui avait torturé Dilma Rousseff en ces temps troublés, le jour de sa destitution, était déjà suffisament « éclairant » sur le niveau de Bolsonaro. Au Brésil, cela fit l’effet d’une bombe. En france seules quelques rédactions y firent une légère allusion. Mais voilà. Ça y était. Le monde entier connaissait désormais Jaïr Bolsonaro.
Je ne vais pas retracer ici les multiples écarts verbaux que ce monsieur s’est autorisé depuis. Après avoir facilement accepté le fait que Lula étant coupable de corruption, il était normal qu’un homme de droite le remplace, selon le jeu bien rôdé de l’alternance auquel on joue depuis si longtemps dans nos démocraties européennes, voilà que nos rédactions du vieux monde se rendent compte que finalement il est tout de même très très très à droite… Et toutes ses « casseroles » qui passaient dans un sourire entre deux brèves sur le Vénézuela et une autre sur le Mexique, ressortent à présent avec des airs horrifiés tellement la menace se fait précise.
Personne ne se doutait que l’écart entre les deux candidats serait aussi grand. 46/29% !!!! Soit, le premier est soutenu par les industriels, par les propriétaires terriens, par le front parlementaire de l’agro-négoce, par la bourgeoisie conservatrice, et les organes de presse en général, soit, mais il faut des gens pour voter. Des gens ?? Et là ça fait beaucoup de gens !!! Qui sont-ils ?? Qu’espèrent-ils ?? La sécurité est-elle le seul levier ?? La question est là. Si grande puisse être la haine du PT, vaut-elle la peine de risquer de livrer le pays à la barbarie pour éviter la corruption ?? Corruption qui soit dit en passant n’avait jamais été aussi galopante et libérée qu’à l’époque de la dictature dont tous les soutiens du candidat Bolsonaro appelent le retour de leur voeux.
L’accord auquel on faisait allusion dans un précédent post (« un accord avec le suprême, avec tout le monde ») est-il toujours en vigueur qui oblige la Cour Fédérale à faire annuler les cartes électorales de 3,4 millions d’électeurs, soit 2,3 % de l’électorat brésilien, au motif qu’ils n’ont pas actualisé leur situation et ne se sont pas enregistrés dans le système biométrique. Selon la Folha de Sao Paulo, cette décision a un fondement juridique mais pénalise particulièrement « les électeurs pauvres, majoritairement situés dans le Nordeste », qui votent traditionnellement à gauche (et, oh surprise, on peut se souvenir que l’écart de voix qui permit la victoire de Dilma contre Aecio Neves en 2014 était tout juste de … 3 millions !!!). Le Parti des travailleurs et le Parti socialiste demandent à la Cour de revenir sur sa décision, ce que celle-ci refuse. Est-il toujours en vigueur pour ralentir l’enquête que le Tribunal suprême électoral (TSE) ouvre le 18 octobre, suite au déclaration de la  Folha de S. Paulo qui affirme que des hommes d’affaires proches de Bolsonaro auraient versé de l’argent pour la diffusion sur WhatsApp des messages favorables au candidat. Ce qui est tout à fait contraire, au brésil, au code électoral, pour qui les entreprises n’ont absolument pas le droit de verser de l’argent. Cette candidature (celle de Bolsonaro) pourrait être invalidée, comme le fut celle de Lula pour d’autres raisons. Mais elle ne le sera pas. Même si l’on entend circuler des noms comme celui de Steve Banon, le roi des fake-news, qui a fait élire Donald Trump.

Et à ma gauche dira-t-on ??
À ma gauche ?? Oh pas grand-monde. Une gauche éclatée, vaporisée façon puzzle dans tous les recoins de l’échiquier brésilien. Le dégoût du PT est tel que même les plus anciens soutiens en sont venus à reconnaître la défaite annoncée et la culpabilité de Lula et des siens. À gauche donc, une fois inéluctable l’inégibilité de Lula (la loi « ficha limpa », impulsée par Lula lui-même encore une ironie de plus) reconnue par tous et après son incarcération suivie en mondiovision par des meutes de journalisme accompagnant le nouveau détenu jusqu’à la porte de la prison, on s’apprête à lâcher aux chiens la candidature de son suppléant Fernando Haddad. Ex-maire de Sao Paulo, il a toujours vécu dans l’ombre de Lula dont il a été ministre de l’éducation. Difficile donc, d’avoir un avis sur ce professeur de Sciences Politique très éffacé jusqu’à là. Pas beaucoup de charisme, ça c’est sûr. Mais celle qu’il a choisi comme vice (au Brésil, on pose sa candidature avec un vice-président, choisi selon des critères variables. Celui de Bolsonaro est Hamilton Mourao, vieux général à la retraite – tout un symbole – dont le rêve est de « purifier la race »), Manuela d’Avila en a pour deux. Plongé dans le grand-bain donc, du jour au lendemain, le tandem parvient à se maintenir dans les sondages qui, selon le côté de l’échiquier où l’on se situe, accroissent l’avance de Bolsonaro ou voient le PT refaire son retard. Il est extrêmement aléatoire de prévoir ce qui se passera dimanche prochain, tant les médias ont déjà choisi le leur, de côté, et matraque à tout va des nouvelles en faveur du candidat de la droite.

Et maintenant ??

Et bien maintenant que les rédactions du monde entier se sont « un peu » penchées sur le « problème », ça s’affole comme jamais ça ne s’est affolé à propos du Brésil. Ceux pour qui l’affaire était dans le sac commencent à se demander si leur poulain est vraiment fréquentable. Parce que dans la dernière ligne droite, il se lâche le bougre, et pas qu’un peu !! S’étant rendu compte que tout lui était permis et que plus il en disait d’énormes, plus les chiffres des sondages lui étaient favorables, ils ne se sont pas privés, lui et ses fils. Car, chez les Bolsonaro, la politique est une affaire de famille. Deux fils députés, évidemment très implqués dans la campagne de papa. Et là, on est loin des « je te viole pas parce que tu le mérites pas, t’es trop moche » qui avait fait un peu sourire dans les rédactions, il faut bien l’avouer. Non là on attaque le lourd: « Nous allons faire ce que la dictature militaire n’a pas su faire. On emprisonne plus, on élimine. Les noirs et les indiens, pour commencer, les femmes trop grandes gueules et qui veulent avorter, ensuite, puis les pédés, les transexuels, les travelos… La dernière en date étant à destinations des membres du PT !!! Comme au bon vieux temps de la dictature « le Brésil, tu l’aimes ou tu le quittes ». Les membres de l’opposition seront sommés de partir ou ils se seront incarcérés (pour les fautes commises envers la patrie) voire pire, éliminés !! Mêmes les plus ardents opposants au PT, la bande de malfaiteurs des PSDB et PMDB, qui s’est laissée entortillée par l’extrême droite, qui a vendu son âme (en avait-elle une ??) au diable pour éjecter le PT du pouvoir dans l’espoir de récupérer les manettes impossibles à récupérer par le vote depuis 12 longues années commence à faire machine arrière en se pinçant le nez (jusqu’à Fernando Henrique Cardoso fervent opposant au PT qui vient de se rappeler qu’autrefois, alors qu’il était dans l’opposoion à la dictature, Bolsonaro lui avait promis la mort !!). Trop tard. La boite de Pandore a été entre-ouverte et tous les maux de la terre se sont répandus sur le Brésil. Plus rien n’est contrôlable.

Plus de barrière tout est devenu incontrôlable

Plus ils (papa et ses deux fils) accumulent les énormités, plus leur faction frémit d’extase et se laisse aller à l’action… Et vas-y que je te grave une croix gamée sur les corps des sympathisants du PT, et que je te plante douze coups de couteau dans le dos d’un capoeirista (Moa do Katendé, à Salvador) pour une divergence politique, et que je te tabasse du pédé à tour de bras.
La terreur est déjà en place et tout le monde tremble, a peur de son voisin d’immeuble, de sortir dans la rue… une horreur. C’est ça qu’ils veulent, nous faire vivre dans la terreur. Une longue nuit est en train de s’abattre sur le Brésil. Et le monde assiste à tout ça d’un air ébahi se demandant comment ? ce pays qui faisait la Une de tous les journaux il y a encore si peu de temps, ce pays qui faisait l’admiration de tous, chefs d’états américains et européens compris, que tout le monde enviait pour son projet politique et d’inclusion social récompensé par l’ONU et cité en exemple, comment ce pays béni par les dieux a-t-il pu à ce point faire machine arrière en quoi … deux ans ?? Pourquoi et comment est-on passé d’un petit parti inoffensif et discret, à cette horreur indescriptible en l’espace d’un mois ??
Voir les serres de la CIA derrière tout ça est une tentation trop forte pour y résister. Je ne suis pas versé (contrairement à beaucoup d’autres) dans les théories de la conspiration. Mais, comment ne pas frissoner en déterrant cette vieille chanson (« urubu, le nom africain, pour le vautour… américain »). Bolsonaro a déjà promis d’abandonner aux américains la base spatiale et militaire d’Alcantara, les champs de pétrole du pré-sal vont être bradés ainsi que tout ce qui a un tant soit peu de valeur en terme énergétique et stratégique. La raison semble donc être économique, comme d’hab’. Et qu’a donc à gagner le Brésil dans tout ça ?? Quelques sous ?? De quoi payer quelques dettes ?? Et après ?? Après plus rien. Une nuit sans fin, encore une fois. Il n’y a aucun programme, qu’il soit économique ou social. Juste une dictature militaro-bigote. Plus personne ne bouge, plus personne ne vit. Le Brésil va devenir un vaste champs de ruine, sans espoir et sans joie.

On a du mal a imaginer de ce côté-ci de l’Atlantique ce qui se passe actuellement. les sondages sont si différents selon les médias et les algorythmes de Facebook nettoient proprement votre timeline de tout ce qui est étranger à vos amis. Mais même là, la peur transparait: les familles se déchirent, s’invectivent par messages interposés (l’activiste que tu veux mettre en prison c’est moi! La femme que tu veux violer pour lui « apprendre à vivre », c’est moi! Le pédé à qui tu veux couper les… c’est encore moi!!), le climat est insupportable. Difficile de voir ce que pense « vraiment » l’autre camp. Il faut fouiller dans le cloaque des tréfonds de google pour prendre connaissance des discours et appels au meurte de « ces gens-là ». Et c’est dur. Mon Dieu que c’est dur. Là, guère d’humanité, la sauvagerie a pris la place et à d’ores et déjà gagné la partie. La parole est libéré. La conscience tranquille (« Tu vas voir la semaine prochaine, après notre victoire, fait tes valises où on vient te chercher chez toi, on sait où tu habites ») et le verbe haut (« Sale pute, prépare ton cul, on va te faire voir ce que c’est une bite de blanc »).
Plus grand-chose à voir avec la politique donc… Il ne s’agit pas ici de débat d’idée. D’ailleurs le candidat Bolsonaro, prétextant sa « convalescence » et les conseils de ses médecins refuse de se montrer au traditionnel débat du second tour. Et même si les médecins finissent par le libérer du bout des lèvres, il s’esquive encore, affirmant « qu’il a déjà tout dit, que les gens savent ce qu’ils pensent et qu’ils le soutiennent ». Pas de débat donc. Alors Haddad se débat comme il le peut, exposant ses idées, clairement, esquivant comme il le peut les pièges tendus par ses adversaires (de piètres pièges sans doute, mais qui font mouche auprès des électeurs fanatisés des factions droitières, telle la bible offerte à Haddad sur un podium de campagne et « retrouvée » le lendemain sur le pavé de la place ou la manifestation avait eu lieu. Message sur you tube d’un fanatique invectivant le candidat de gauche: « Comment peut-il avoir la confiance des brésiliens si même la « sainte parole de Dieu » il ne la respecte pas » !!). On sent la lassitude du pétiste à devoir se défendre de telles accusations au lieu de parler de son programme et des problèmes des brésiliens. Rehausser le niveau n’est pas facile quand le fond s’approche à vitesse grand V. Le fond d’ailleurs risque d’être plutôt sanglant car dans le programme du candidat Bolsonaro il y a la libéralisation des armes. « Armer la bon citoyen » pour qu’il puisse se défendre des hordes de noirs qui l’attendent, lui est sa sainte famille à tous les coins de rues. Même s’il est vrai que le problème de la sécurité a été trainé comme un boulet par les partis de gauche, le problème est réel mais la solution n’est certainement pas là. Tout cela risque bien de finir dans un bain de sang. Car le guerre est d’ores et déjà déclarée avec le Vénézuela. Que Chavez se le tienne pour dit, le Brésil de Bolsonaro n’est pas son copain. Et si les États-Unis ne sont pas encore parvenus à mettre le gouvernement bolivarien à genoux, ils comptent bien sur des militaires brésiliens bellicistes, avides d’action et enfin libérés de toutes contingences démocratiques pour régler le problème.
Pour finir, le Suprême Tribunal Fédéral n’a qu’à bien se tenir car au premier désaccord ses portes se refermeront jusqu’à nouvel ordre et pour un temps indeterminé. Je ne plaisante pas, l’éventualité a été proférée par un des fils du candidat Bolsonaro puisque donc, la campagne se fait en famille.
Et, mis à part le opposants, personne ne moufte. La télé, les journaux… rien, à part les réseaux sociaux qui bouillonent d’indingation.
Les fakes-news ont tellement envahi l’espace public que l’on ne sait plus démêler le vrai du faux. Telle est aujourd’hui la démocratie: on ne se bat plus sur des idées, on se bat sur des accusations montées de toutes pièces par n’importe qui derrière son ordinateur ou bien par des équipes de profesionnels mandatées par le candidat, car comme le disait Le vieil Adolf: « Un mensonge répété dix fois reste un mensonge; répété dix mille fois il devient une vérité », on a les références qu’on mérite !!
Bien malin donc, sera celui qui pourra dire quel sera le résultat final, les dernières journées risquent bien d’être décisives. Entre les petites phrases et les déclarations chocs, chacun joue sa partition… Vu d’ici de France, on croise les doigts très fort, on fait des prières (non on fait pas des prières, mais bon…), on essaie d’invertir la tendance (la fameuse « tendance » les « trending topics » de Twiter) en surchargeant le réseau avec des hashtags vengeurs (#bolsonaronao, #bolsonarojamais, #haddadpresident, #haddad13, etc.), en se disant que si ça a marché pour l’autre camp, pourquoi ça ne marcherait pas pour nous !! Mais ça a un côté tellement « avec l’énergie du désespoir », tellement « un peu trop tard », que finalement on fait un peu semblant d’y croire.
Dieu sauve le Brésil !!

 

Bon pour moi ce n’est pas « d’aventures en aventures, de trains en trains en trains, de villes en villes » c’est plutôt « d’élections en élections » !!! En effet mon dernier « postage » date des élections brésiliennes de 2014…. et celui-ci traitera du suffrage en cours. J’ai besoin de mettre un peu d’ordre dans mes idées, de comprendre ce qui est en train de se passer…

Nous avions donc laissé Dilma Rousseff au soir du 26 octobre 2014, alors qu’elle venait de remporter le scrutin de justesse face à Aecio Neves, du PSDB.. Je me souviens avoir fait à l’époque ce commentaire, en lien avec la puissance des lobby évangéliques et de la droite en général: « Est-ce à dire qu’il y a 20% de la population brésilienne qui est évangélique ?? On peut le craindre mais si tel était le cas, on peut penser que Dilma à déjà perdu les élections… car la droite est revancharde et ne pardonne rien… suivez son regard !!! »

A loock back

Alors d’accord, le PT (Le Parti des Travailleurs, chef de file: Lula  !!) a sans doute fait d’incroyable bêtises, a commencer par acheter des soutiens au sein des parlementaires (le scandale du « Mensalao » où des sénateurs et députés passaient à la caisse tous les mois pour négocier leur soutien). Mais la politique brésilienne est ainsi faite, le système a tellement impréngé la vie politique que nul ne peut prétendre diriger sans en passer par là. Lorsque l’on connait l’avidité sans fin de ces gens-là, ainsi que leur manque total de vergogne, on ne peut pas s’étonner de les voir se retourner à la première occasion, contre leur « financeur », en l’occurence, Dilma et le PT.

Il faut bien, aussi, reconnaitre que Dilma a profité d’une conjoncture plutôt favorable, les revenus du « Pré-sal », et ses champs de pétrole incroyables découverts au large de Rio dans les années 2000, ainsi que leur rapide exploitation ensuite, a pu financer les projets d’inclusion sociale soutenus par le gouvernement, plébiscités par la population et applaudis par le monde entier. Seulement voilà, nous sommes au Brésil et au Brésil comme partout ailleurs, tout le monde veut participer au festin (à commencer par le fasciste qui carracole aujourd’hui en tête des sondages).

La deuxième erreur de Dilma et du PT fut de ne pas s’être « occupé » plus sérieusement du cas « Organisations Globo ». Et même pire, de l’avoir soutenu financièrement alors qu’elle était au bord du gouffre, au nom de la pluralité de l’information. Le PT, dans sa candeur, à réarmé le bras qui s’apprêtait à lui mettre un couteau dans le dos… Et la Globo, la plus puissante organisation télévisuelle du pays, fourbissait ses armes, attendant son heure…

Des améliorations

Car pour le peuple, en effet, tout allait beaucoup mieux !! Je ne vais pas ici, asséner des chiffres, d’autres l’ont déjà fait mieux que moi, il suffit de dire que des millions de brésiliens sont sortis de la misère, des millions de parents ont pu offrir à leurs enfants des études dignes de ce nom via le programme « Bolsa familia » qui conditionnait le versement de l’allocation à des obligations d’éducation (mais aussi par les quotas universitaires réservés aux populations les plus fragiles, noires, nordestines, indiennes ou les trois à la fois !!), se payer la maison de leur rêve grâce au programme « Minha Casa Minha vida« , et assaillir les aéroports avides d’avaler ces cohortes de nouveaux passagers tombés du ciel. C’est à ce moment-là, je pense, que la machine à commencé à s’enrayer.

La classe moyenne a vu arriver ces nouveaux voisins de sièges avec quelque peu d’irritation. « Comment, ces manants qui ne vivent que de l’aide du gouvernements et des programmes sociaux peuvent-ils ainsi prendre l’avion alors que moi, honnête citoyen, je dois me lever tôt, suer toute la journée et payer mon tribut à cet état communiste, pour voir tous ces miséreux profiteurs me prendre MES places que j’ai payé avec MON argent dans MON avion que j’ai payé avec MES impôts !!! ET mes employées de maison qui me réclament maintenant un contrat, des heures supplémentaires et un salaire décent !! Naaan mais quel toupet !!! Moi qui lui ai toujours donné mes vieux habits que je ne voulais plus, qui l’ai toujours considérée comme un membre de ma famille !! Quelle trahison !! » Il faut dire que dans l’hisoire brésilienne, l’employée de maison est un cas à part et il faut absolument lire « Casa Grande et Senzala », du sociologue Gilberto Freyre, traduit en français par « Maîtres et Esclaves », et que l’on peut toujours recommander aujourd’hui à qui veut comprendre la société brésilienne, d’où elle vient et comment elle en est arriveée là.

Mais trop d’erreurs

La caste dirigeante, quant à elle, rongeait son frein (en compagnie de la Globo citée plus haut). Toutes ces années de PT l’avaient rendue morose. Bien obligé, pourtant, de reconnaitre que le pays marchait bien, que tout le monde gagnait ses sous (et c’est un euphémisme, ils s’en sont tous mis plein les poches allégrement), et voir le Brésil accueilli au sein des plus grandes institutions mondiales et prendre sa part au grand concert des nations  avait de quoi réchauffer le coeur et remplir les poches (toujours !!). Mais, car il y a un « mais », il n’en restait pas moins que ces gens-là, n’étaient après tout rien d’autre que des communistes !!! Voilà le grand mot laché !! L’aversion de la bourgeoisie brésilienne pour le communisme peut bien entendu, être comparée à l’aversion étasunienne. Toutes les deux sont viscérales. Implacables. Éternelles. 10 après la fin du Maccarthysme et ses chasses aux sorcières communistes et homosexuelles (qui vont souvent de pair !!), à peu près pour les mêmes raisons et avec le soutien à peine dissimulé du gouvernement américain, avait lieu le coup d’état militaires qui plongeait le Brésil dans ses « années de plombs » pour une bonne vingtaine d’années. J’ai posé, par le plus grand des hasards, mon pied pour la première fois sur le sol brésilen pendant la dernière année de ce régime discrètement sanglant. Et me souviens que même à ce moment-là, alors que le régime était prêt à passer la main et que le joug se faisait plus léger, même à ce moment-là donc, l’arrogance des militaires m’avait énormément surpris. À ce propos, la troisième erreur du PT, à mon sens, fut de ne pas s’attaquer à son passé, une fois la démocratie rétablie, à l’instar des ses voisins chiliens et argentins, dans le but de préserver, je cite « l’unité de la nation ». Les « Commissions de la vérité » mises en place par Dilma, elle-même victime de ce régime militaire, ont débouché sur pas grand chose, et tout a fini en eau de boudin,  dossier classé en 2014. Ouf! soupirèrent en même temps les forces armées, on va nous laisser un peu tranquille, la loi d’amnistie nous protège et qu’ils aillent tous se faire foutre ces communistes du diable !! Troisème erreur !! Régler ses comptes avec son passé était pourtant nécessaire et primordial pour éviter qu’il ne fasse ce qu’il est en train de faire aujourd’hui: nous revenir en pleine face !!

Le début de la fin

2014 donc, réélection de Dilma Rousseff, toujours la même, face au champion de la droite, Aecio Neves qui a alors failli à sa mission de reprendre le pouvoir au nom des élites de la nation. « Naaaaan mais ils sont pas possible » s’écria le patronnat « ils comprennent rien ces abrutis !! Puisqu’on leur dit que ces communistes sont tous des corrompus, des voleurs qui sucent le sang de la nation !! » Cependant les choses commencent déjà à tourner mal et « a coisa tà ficando preta« , comme on dit au Brésil. Les finances sont dans le rouge, la situation économique devient précaire, en partie à cause de la chute des prix des matières premières sur les marchés mondiaux, tout l’édifice commence sa rapide dégringolade: croissance nulle puis récession, baisse des investissements (moteurs de la croissance), de la consommation (moteur de l’admiration des marchés et bonheur de la population), hausse du chômage… Bref, comme on dit dans les reportages de TF1 « à partir de là tout s’enchaîne ». Dilma se voit obligée de pratiquer des coupes franches dans ses programmes sociaux. Adieux la belle vie, plus de « bolsa familia, investissements gelés dans l’éducation, c’est le début de la periode d’austérité, le fameux virage de la rigeur, tant souhaité par les libéraux (mais jamais assez suffisant) et tant honni par les élus de gauche qui lui reprochent d’abandonner les classes populaires. À ce momment-là, au Brésil, il n’y a plus grand monde pour soutenir Dilma Rousseff. Il faut dire que malgré un folklore qui la présente en ex-guerrillera tout ce qu’il y a de plus glamour (du moins pour la gauche !!), son personnage et très austère, à la limite de l’antipathique (tout le contaire de Lula, son prédecesseur et mentor).

C’est suite à la découverte d’un formidable scandale de corruption organisée à tous les niveaux de l’état, que commencent les travaux de l’opération « Lava-jato ». La mise en coupe de l’une des plus grandes sociétés pétrolières mondiales, la Petrobras, a commencé depuis quelques années déjà, mais le scandale qui va la faire vaciller au point de voir ses actions s’écrouler, va entraîner avec lui nombre d’hommes d’affaires qui surfacturent leurs chantiers et d’élus des deux bords qui se penchent sous la table pour se servir au passge. Au début, tout le monde en prends pour son grade, ceux qui payent, les entreprises de BTP et la Petrobras, qui va y laisser sa chemise, et ceux qui touchent, les élus de gauche comme de droite. C’était la foire aux pots-de-vin et tout le monde faisait la fête. C’est quant la Lava-Jato a sonné la fin de la party que le vent a commencé à tourner. Le système des « délations récompensés » (très bien expliqué ici) fonctionnait à plein régime, les têtes tombaient tout autour de la présidente (contre laquelle on a jamais rien pu prouver, si elle a touché, elle a été bien discrète) et les enquêtes se rapprochaient de plus en plus de la cible ultime, Lula. Tout le monde se disait « mais c’est pas possible, aux postes où ils étaient, qu’ils n’aient rien touché !! ». C’est alors que commencent à fuiter sur les médias alternatifs, l’existence d’une conversation téléphonique enregistrée où il est question d’un « grand accord national, avec le Tribunal Suprême Fédéral, et même des généraux de l’armée comme garantie », pour remplacer Dilma Rousseff. Le rouleau compresseur de l’impeachment est lancé… et ne s’arrêtera qu’avec sa destituion durant l’été 2016. La cacophonie des « délations récompensées », des enregistrements téléphoniques plus ou moins légaux (mais tout de même « balancés » sur les réseaux sociaux) devient telle qu’il est difficile de se faire une opinon. Cette cacophonie atteindra son paroxysme le jour du vote à l’assemblée pour ou contre la destitution de Dilma Rousseff qui donna lieu à une séance mémorablement tragi-comique où les députés qui votaient oui, le faisait en dédiant leur vote à la famille brésilienne, à la démocratie, à Dieu et à tous ses saints. Jair Bosonaro est même allé ce jour-là, jusqu’à dédier le sien au Colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra, célèbre tortionnaire de la junte militaire au pouvoir à l’époque, chef de la police secrète, l’équivalent de la gestapo, qui avait vu passer entre ses mains la présidente du Brésil, alors jeune guerrillera luttant contre l’oppression. Ceux qui savaient ont frémi à ce moment-là. Les autres, ont regardé tout cela avec amusement. Les télévisions étrangères, ont alors fait connaissance avec le personnage de Bolsonaro et s’en sont bien amusé, commentant avec ironie la cacophonie en laissant entendre avec une certaine condesendance que « de toute façon le Brésil n’est pas un pays sérieux ». Point final on passe à autre chose.

Mais non. Car ce n’était que la première partie du plan. Une fois la présidente bel et bien destituée sous un prétexte fallacieux (qu’on avait appelé au Brésil: « pédalades fiscales », genres d’arrangements très communs pratiqués par tous les prédécesseurs et qui consiste à jongler avec les budget de l’état pour les faire passer sur l’année suivante afin qu’ils n’apparaissent pas sur l’année en cours), on pouvait dès à présent, se tourner vers la cible principale: Lula. L’opération Lava-Jato a alors pris une toute autre allure. Doté des pouvoirs décuplés que lui avait accordés Dilma Rousseff elle-même, au nom de la transparence, le pouvoir judiciaire a laché ses fauves et les juges se sont déchaînés. On pense aujourd’hui que c’est à ce moment-là que l’hydre s’est révéillée, que la peste noire s’est sentie libre de refaire surface. La parole a commencé à se libérer. Si les juges peuvent condamner sans preuves, si l’on peut envoyer quelqu’un en prison juste sur les bases de « conviction profondes », alors… tout le monde peut dire n’importe quoi !! Ce furent deux années de courses contre la montre, d’obstination aveugle et de « délations récompensées » pour mettre Lula (qui caracolait en tête des sondages en vue des élections de 2018, celles qui se déroulent actuellement) hors d’état de nuire une bonne fois pour toute. Ce ne fût pas faute de tentatives désespérées pour éviter le pire, les avocats de Lula multipliaient des appels à chaque fois rejetés par l’instance ultime, le juge Moro, de la cour suprêmen surnommé « judge morow », sur les les réseaux. À plusieurs reprises, les appels ont failli payer, Lula était presque sorti d’affaire… quand « judge morow » arrivait in extremis (revenant de vacances en catastrophe) pour dire « Non! ». ET dire que cet énorme pouvoir lui avait été donné par Dilma Rousseff !!

Loin de vouloir totalement discréditer le personnage de Lula, il faut tout de même avouer que cette histoire de duplex est « très mal racontée », comme on dit au Brésil. Rien, aucune preuve pour étayer l’accusation, juste des « convictions profondes »… pour un appartement pas si luxueux que ça !! Lorsque l’on connait les « dossiers » des autres mis en accusations dans le procès Lava-Jato, cet appartement prête à sourire !! Mais bon, dans la tête des gens, Lula est communiste, donc il n’a aucun goût, c’est normal !! Là où ça commence à faire mal, c’est que certains ont été reconnus coupable (preuve à l’appui donc) et continuent à batifoler gaiement dans la nature et à se présenter aux élections (pour de bien piètres résultats heureusement). Mais tout le monde à déjà compris qu’en ce qui concerne Lula, il n’y a aucun échapatoire possible, sinon tout cela, tout ce plan patiemment mis en place n’aura servi à rien.

Et vint le premier tour

Ainsi donc, à la veille du début de la campagne, Lula détenteur d’un score de plus de 40% dans les sondages d’intentions de vote est incarcéré. Grosse mise en scène des télévisions, traitement spéciale sirène hurlante et tout le tralala. Le PT entretient bien encore l’espoir de le faire sortir de prison, mais personne n’y croit plus. Les journaux du monde entier se lamentent sur la fin peu glorieuse de celui qu’ils encensaient encore il y a peu, mais rentre dans le moule imposé par la Globo et reconnaissent de manière presque unanime la culpabilité de l’ex-président. Ça aussi ça a fait mal. Mais bon, passons. Le journalisme en 2018 est ainsi fait que rien n’est remis en question, on accepte le travail prémaché par la presse liguée contre l’accusé et pour tout le monde, donc, Lula est coupable puisqu’il est incarcéré. Ce qui me permet de dire au passage que je ne crois plus rien de ce que disent les « envoyés » spéciaux » de par le monde parce que si ils ont raconté autant de conneries sur un dossier que je connais bien pour l’avoir suivie de près, je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas la même chose pour les dossiers que je ne connais pas (exemple, suivez mon regard, le Vénézuela !!).

On peut alors commencer à « travailler ». Le chemin est dégagé. la parole peut se libérer. Le flou qui imprègne l’issue de ce suffrage commence à peser. Bolsonaro est encore à 5%. Les mêmes 5% que d’habitude. La candidature de Haddad, le remplaçant de Lula, que le PT, par stratégie, à tarder à annoncer, peine à décoller. Tout le monde a ses chances, y compris Ciro Gomes, ex-ministre de Lula, ex-gouverneur du Céarà. Et même Alckmin, le champion de la droite modérée, en d’autres mots, de la finance, de la droite revancharde et de la haute société, celle qui tient les rênes du pouvoir depuis le début de l’histoire brésilienne. Quelques incidents émaillent la campagne, des tirs sur la caravane de Lula/Haddad, jusqu’au coup de poignard. Et « à partir de là, tout s’enchaîne », selon les bons vieux poncifs de notre journalisme télévisuel, les candidatures de droites dites modérées ne décollent pas, au grand désespoir des articulateurs du coup d’état institutionnel auquel on a assisté avec Dilma Rousseff, celle de Haddad bien que partie tard, semble déjà s’essoufler… le champs est libre pour Bolsonaro et ses sbires. Il semble qu’il n’y ait plus que lui, et déjà les grands médias et les marchés se font une raison: le soutenir du bout des lèvres mais la gangrène est si sévère que point n’est besoin de soutien. Il est à l’hôpital, en train de se faire soigner et a déjà compris une chose: moins il parlera… plus il accumulera des voix !!
La haine du PT est si grande et le mauvais fond jusqu’à là refoulé de la Casa Grande si longtemps contenu qu’il peut aujourd’hui s’en donner à coeur-joie et s’exprimer au grand jour sans crainte de choquer car plus il choque et plus sa victoire se fait inéluctable. Jusqu’à choisir un slogan qui est tout sauf anodin: Brasil acima de tudo !!
Ce qui donne en bon allemand de 1938: Brasil ubber alles !!

Comme dirait l’autre « les cons ça ose tout, et c’est même à ça qu’on les reconnait ». Le problème ici, c’est que les cons dont on parle sont plus que dangereux, ils sont nuisibles !

 

Le Brésil s’est réveillé lundi avec ses deux candidats pour le second tour: La présidente en place Dilma Rousseff du Parti des Travailleurs, le parti au pouvoir depuis 2002, et Aécio Neves, l’obscur gouverneur du deuxième état le plus peuplé du pays, du PSDB (le Parti Socialiste Du Brésil) dont le dernier représentant aux commandes de l’état était FHC (Fernando Henrique Cardoso), celui qui, donc avait abandonné les rênes du pouvoir au PT.

On comprend mieux pourquoi la principale perdante de ce premier tour, Marina Silva, s’était présentée comme étant une « alternative crédible » pour le Brésil. Cependant, et le Brésil n’échappe pas à la règle, personne n’ignore que c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes, ceci dit sans vouloir l’offenser, Marina Silva a du mal à échapper à la règle autant qu’elle en a à faire oublier son passé de fondatrice du PT où elle aura fait avec brio, à l’époque, une grande partie de sa carrière commencée aux côtés de Chico Mendes, l’activiste défenseur de la forêt amazonienne et des droits de ceux qui en vivent. Elle  avait ensuite été nommée ministre de l’environnement par Lula durant son premier mandat et elle le restera jusqu’en 2008.

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À ses débuts, celle qu’ai appelait la « seringuera »..

 

C’est ensuite que les choses se gâtent un peu. Toutes ses tentatives pour voler de ses propres ailes, que ce soit en se présentant en 2010 (atteignant déjà les 20% !!) sous la bannière du Parti Vert ou en créant son propre parti quelques temps plus tard, échouent dans les mêmes eaux. On pourrait donc dire que, pour résumer, Marina, et sous une bannière différente à chaque fois, c’est 20%. Les mêmes 20% qu’elle a obtenus dimanche sous celle du Parti Socialiste Brésilien et qu’aujourd’hui, comme d’habitude elle s’apprête à monnayer chèrement.

Est-ce à dire qu’il y a 20% de la population brésilienne qui est évangélique ?? On peut le craindre mais si tel était le cas, on peut penser que Dilma à déjà perdu les élections… car la droite est revancharde et ne pardonne rien… suivez son regard !!!

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Oui, on est d’accord, ça fait titre de polar, mais il semblerait que ce qui s’est passé ces derniers jours à Fortaleza ne soit pas qu’une extension du domaine de la lutte. Lutte qui oppose depuis 29 jours maintenant, des gens qui manifestent contre le projet de destruction d’une partie du parc écologique du Rio Coco.

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Le parc est réellement intégré à la ville, c’est son poumon, son air conditionné, sans lui, la ville, dont la température ambiante ne cesse d’augmenter à cause de la barre d’immeubles sur le front de mer qui coupe le vent venant du large, deviendra vite étouffante et impossible à vivre. Il s’agit, de plus, d’une zone normalement protégée et qui représente tout de même un peu plus de 1000 ha en plein coeur de la ville. Protégée, parce que c’est aussi une zone de mangrove qui abrite des espèces endémiques (poissons, crustacés, oiseaux et mammifères).

Tout cela, comme on peut le voir, sur le plan ci-dessous, en plein aire urbaine. Entouré de quartiers qui vont du plus populaire au plus chic en passant par les zones commerciales et les aires de loisirs.

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Il s’agit d’une belle image idyllique et qui ferait baver d’envie tout bon urbaniste qui se respecte, un tant soit peu respectueux de l’environnement, par ces temps d’agression permanente à la nature et sous la poussée de la pression immobilière.

Seulement voilà, il en va à Fortaleza comme partout ailleurs et comme le disait si joliment Caetano Veloso «  a força da grana que ergue e destroi coisas belas » et en train de l’emporter petit à petit. Cela commence par des immeubles qui viennent en rogner les bords et cela continue aujourd’hui par ce qui nous préoccupe tant, la déforestation d’une grande partie de ce parc pour faire place à un viaduc censé résoudre les problèmes de circulation de cette ville de presque 3 Millions d »habitants. En voici le projet:

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Je colle ici le cri d’alarme lancée par mon amie Bia Furtado:
A mes amis français, je voudrais vous demander de lire et de diffuser ce texte parmi vos amis, afin que nous puissions dénoncer la violence contre la nature et affirmer notre lutte pour la vie.

Ce qui se passe à Fortaleza, Brésil

« La police expulse les campeurs qui occupaient le parc du Coco à coups de bombes lacrymogènes, et commence l’abattage des arbres.

Vers quatre heures du matin, le Jeudi 8 Août, environ 120 hommes du groupes des opérations spéciales de la Garde Municipale ont délogé de leurs tentes les manifestants qui occupaient le Parc du Coco, à grands renforts de bombes lacrymogènes, de matraques et de flashballs. Selon l’attachée de presse de la Mairie, la police militaire aurait « aidé » à l’évacuation des lieux pour éviter d’éventuels affrontements.

Environ 9 camions et un tracteur ont ensuite débarrassé les lieux des tentes et de tout ce qui appartenait aux campeurs, un peu avant 5 heures du matin. La Mairie a confirmé l’utilisation de bombes lacrymogènes, mais pas de sprays. Pourtant, les manifestants assurent que la police a bien fait usage de ces sprays, en plus des bombes. Daniele, étudiante de 32 ans, a été blessée pendant l’opération, et affirme que la cause en est une grenade de gaz, jeté dans sa tente alors qu’elle dormait. Camila, 23 ans, confirme l’utilisation de spray au sein du campement.

En face, le chef des opérations, Fabio Aquino, a reçu une pierre dans le dos. Les biens des manifestants, qu’il s’agisse des tentes ou des vélos, ont été transportés par des camions municipaux jusqu’à Regional II, selon un fonctionnaire des transports. L’attachée de presse de Regional n’a pas encore confirmé la présence des objets dans les locaux.

La Garde Municipale a ensuite interdit l’accès à la zone, mais les manifestants ont protestés, et la police, dont les membres ne portaient pas d’identification, pourtant obligatoire, a de nouveau eu recours aux bombes lacrymogènes. Pendant ce temps, le tracteur retournait déjà la terre, et les premiers arbres étaient abattus.

Finalement, la police a de nouveau autorisé la circulation autour du parc, sous la contrôle de l’AMC(une sorte de DDE locale), dont les véhicules étaient sur place pour s’assurer du bon déroulement du trafic.

Au cours de l’opération de désoccupation, quatre affrontements entre forces de l’ordre et manifestants ont été enregistrés. Wagner Marinho, activiste du « Grupo Permacultura e Radical », et Adriano, membre de l’assemblée anticapitaliste et étudiant de l’Uece, ont été arrêtés et emmenés au commissariat, en compagnie d’un troisième manifestant. L’avocat des mouvements populaires, Jairo Ponte, s’est immédiatement rendu sur place pour assurer la défense des personnes interpelées. »

Des images de chaos urbain. Alors on est d’accord, au niveau du nombre, on n’y est pas… reconnaissons qu’il n’y a pas grand monde et que les policiers ne sont pas non plus « tout un bataillon »… mais moi ce qui me choque dans ces images c’est l’entrain avec lequel ces policiers tapent sur tout ce qui bouge, des femmes, des vieilles dames mêmes et le sentiments d’impunité et de totale liberté qui semble les habiter. On dirait qu’il n’y a pas de chef et qu’ils sont largués là, au milieu des gens qui manifestent paisiblement, laissant libre court à leurs instincts les plus violents. le rêve de tout policier ???
La Smaff est un concessionnaire automobile, riverain du parc, où se sont réfugiés des manifestants effrayés par la furie policière. Des manifestants ont bien sûr été embarqués (combien vont disparaitre comme Amarildo ??) et beaucoup sont repartis blessés. On commence à parler « d’état d’urgence  » …. « ETAT D’URGENCE » ???  on croit rêver !!

Vidéo  —  Publié: 9 août 2013 dans Politique brésilienne

A l’heure où le Brésil est en effervescence, quand les manifestations spontanées et complètement désordonnées pullulent aux quatre coins du pays, je réanime ce blog.

J’ai beaucoup participé ces derniers jours sur Global Voices, aux traductions des premiers billets qui parlaient des évènements qui ont commencé à Sao Paulo, il y a quelques semaines. Depuis le mouvement à pris de l’ampleur et, même ici, dans notre pays de France, les radios et télévisions commencent à en parler depuis quelques jours. Le but semble avoir été atteint, et cette augmentation du prix des transports publics n’aura pas lieu, elle a déjà été annulée dans un certain nombre de villes.

Mais tout le monde l’a bien compris, il ne s’agissait pas seulement de cette malheureuse augmentation de 0,20 centimes. Et c’est maintenant que les choses sérieuses vont commencer… Ils vont pouvoir s’attaquer au noeud du problèmes (aux noeuds des problèmes!!) qui sont tellement multiples que je ferai un petit topo là-dessus un autre jour. En attendant je voulais juste, pour aujourd’hui, partager deux choses, deux cris du coeur, un extrait de texte:

« Realmente, deve ser muito mais legal pros nossos prefeitos e governantes que o mundo ache que isso aqui é uma festa incessante, uma farra do bundalelê! Onde todo mundo vai trabalhar de biquíni e sunga, sambando no pé e com um sorriso de orelha a orelha, batendo uma bolinha na hora do almoço e voltando pra floresta em um carro alegórico, tudo regado a bastante caipirinha e cerveja gelada. No dia seguinte, tudo de novo, claro!

 tudo tão bom, tão perfeito, que a gente só de sacanagem resolve dar uma aprontada de vez em quando, só pra ver qual é.

Afinal, estamos no Brasil, o malandrão, a potência, a terra do jeitinho. Aqui é tudo tão bom, tão perfeito, que a gente só de sacanagem resolve dar uma aprontada de vez em quando, só pra ver qual é. »

Vraiment, ça doit être un super truc pour nos maires et nos gouvernants que le monde continue de penser  qu’ici, (au brésil) c’est une fête perpétuelle, une bamboula de tous les jours !! Où tout le monde va travailler en bikini ou en bermuda, en dansant la samba avec un sourire affiché jusqu’au oreille, ou en jouant au foot à l’heure du déjeuner avant de monter sur son char de carnaval pour rejoindre sa forêt. Tout cela bien entendu arrosé à la caïpirinha ou la bière glacée. Et le lendemain, tout recommence, évidemment !!

Après tout, nous sommes au Brésil, le pays du malandro, la futuresuperpuissance, le royaume de la débrouillardise. Ici tout est tellement bon, si parfait, que juste pour faire chier un peu, on fout le bordel de temps en temps, juste pour voir ce que ça donne. 

Je crois qu’ils en ont marre qu’on les prenne pour des chèvres!!
Comme le dit aussi cette brésilienne qui vit aux Etats-Unis, après avoir poser la question:
 » Si je vous dis ‘Brésil’, vous me répondez quoi ?? ». Les réponses sont éloquentes et n’étonneront sans doute personne: « Jolies nanas, grosses fesses, Fêtes sans fin, et footeboll (avec l’accent !!! »)

Voici donc la vidéo: No, I’m not going to the Worldcup

Et encore cette dernière,

https://www.facebook.com/photo.php?v=389434401162546&set=vb.100002879697519&type=2&theater

où même si l’on ne comprend pas le portugais, on peut comprendre les graphiques qui comparent le coût d’un homme politique au Brésil par rapport à d’autres pays dont la France. On peut alors mieux comprendre leur colère, si on la compare à leur niveau de vie (pour rappel le salaire minimum et à 675 Réais soit 230 Euros.)

Plusieurs villes sont encore ce soir en plein chaos, ça continue et… »pendant que les champs brûlent, j’attends que mes larmes viennent »….

Vidéo  —  Publié: 20 juin 2013 dans Politique brésilienne

Lorsque le monde s’écroule autour de vous, qu’en Grèce en Espagne ou au Portugal, les mouvements de révoltes tels que les #occupy everywhere s’intensifient, vous êtes en droit de vous poser la question: et nous alors? Lorsque les mineurs espagnols paralysent Madrid et qu’on assiste à l’agonie des grecs avec un sentiment très clair de soulagement d’être pour l’instant épargné, on est en droit de se demander qu’est-ce qui est arrivé au pays de la révolution permanente et de la contestation perpétuelle.

Il est vrai que les derniers mouvements sociaux sur le thème de l’allongement de la durée de vie professionnellen’ont pas donné les effets escomptés, et une certaine lassitude ou à tout le moins un questionnement sur l’utilité des manifestations est apparu sur les réseaux.

 

Alors? Que se passe-t-il sur la blogosphère française?

On vient d’apprendre, non sans surprise, que la France pouvait désormais emprunter à un taux négatif, c’est à dire que les banquier allaient se mettre à payer pour nous prêter de l’argent!! Mais quel est ce monde qui, dans le même temps, asphyxie grecs, espagnols et portugais en nous accordant ses largesses? Quelle direction veut-on donner à l’Europe et quel est le sens du mot solidarité?


Malgré
quelques exemples: (on peut d’ailleurs signer la pétition de soutien aux mineurs espagnols)

 « Le combat des mineurs en défense de leurs emplois constitue un exemple de lutte, de combativité et d’auto-organisation qui doit être soutenu par l’ensemble de la classe ouvrière, par la gauche et par les mouvements sociaux. L’impact de ce combat est en train de susciter une solidarité qui s’étend à tous les secteurs et dans toutes les régions. Il inspire tous ceux et toutes celles qui luttent en ce moment pour s’opposer aux attaques incessantes contre les droits sociaux et les droits des travailleurs. »

 et:

 « Nous sommes des millions. Le mouvement est suivi dans toute l’Europe avec des manifestations en Grande-Bretagne ou encore en Grèce sous le slogan «People of Europe, Rise Up» (Peuples d’Europe, soulevez-vous !). »


Les gestes semblent bien peu nombreux et le peuple de France ressemble à cet homme tombant du 17è étage d’un immeuble se répétant pour lui-même « jusqu’à présent, tout va bien ». Même si, comme on peut le voir sur le
site de l’en-dehors, l’immeuble est sans doute occupé, par des:

« expulsés, des mal-logés, des énervés, des chômeurs, des précaires, ou des enragés sociaux »…

Si, donc, les manifestation ne servent plus à rien, se heurtant à la rigide réalité de la loi des marchés, que reste-t-il au bas-peuple pour faire entendre sa voix?

Des idées ont bien été lancées il y a quelques temps, par un ex-footballeur, Eric Cantonna, qui proposait que nous allions tous retirer notre argent de la banque afin que le système bancaire tout entier s’écroule. A voir le soulagement affiché par les médias grand-publics et les politiciens de l’époque quand finalement il n’a pas été suivi le jour convenu, il avait sans doute bien touché une corde sensible. L’activiste, Caleb Irri, faisaient aussi des propositions sur son blog: « Quelques pistes pour un grève générale pas comme les autres ».
On assiste en ce moment, à l’affrontement de deux modes de pensée. D’un côté les partisans de l’austérité pour vaincre la crise, représenté par les instances européennes et déjà ressentie par nos amis grecs, espagnols et portugais, de l’autre, ceux de la croissance dont le porte-étendard semble être le nouveau gouvernement français. « Semble », car il faut encore attendre et voir…

Donc, la croissance.


Il n’est, bien entendu, pas question de faire ici, ce que nos analystes politiques font très bien (ou très mal, c’est selon!!), mais plutôt de porter un regard critique sur cette échappatoire que toute l’Europe voit désormais comme la seule porte de sortie à la crise qui renvoie dans la misère une bonne partie de nos concitoyens. Est-il besoin de rappeler le vieil adage « dans un monde fini..la croissance ne peut être infinie » édicté en 1972, déjà, par un groupe d’économiste du MIT, dont les résultat sont connus sous le nom de « 
rapport Meadows » et qui vient d’être réédité en français avec quelques petites adaptations.
La croissance en soi porte des rêves d’égalités sociales tels que l’on peut les attendre d’une société en bonne santé. L’accès à la propiété pour tous, l’accès aux soins, l’accès à l’emploi, bien entendu, et pourquoi pas, l’accès aussi au superflu… à toutes ces belles choses vantées à longueurs d’antennes sur nos écrans préférés. Mais notre société, justement, est-elle en bonne santé? Les choix que nous avons faits sont-ils les bons? Sans même parler des pays émergents qui réclament, et comment pourrait-on leur en nier le droit, l’accès à notre modèle de société si fortement érigé en Nirvana depuis des décennies. Qui sommes-nous pour leur dire aujourd’hui: « non, attendez, on s’est trompé, c’est pas la bonne solution, tout ça nous emmène droit dans le mur !! ». C’est pourtant bien ce que dit Pierre Rabhi, paysan-philosophe et peu soupçonnable de néo-colonialisme, dans cette
longue interview :


http://www.dailymotion.com/video/xqsfa6_pierre-rabhi-la-croissance-est-un-probleme-pas-une-solution_webcam

« La croissance est un problème, pas une solution, si nous nous accrochons à notre modèle de société, c’est le dépôt de bilan de la planète. Notre modèle de société montre son inadéquation, son incapacité à continuer. Si nous nous y accrochons, ce sera le dépôt de bilan planétaire. Tous les pays émergents veulent vivre à la moderne. Où va-t-on puiser les ressources ? C’est totalement irréaliste. Il y a aujourd’hui à repenser la vie sur un mode qui soit à la fois sobre et puissant. Je crois beaucoup à la puissance de la sobriété. Je ne crois pas à la puissance des comptes en banque. La vraie puissance est dans la capacité d’une communauté humaine à se contenter de peu mais à produire de la joie ».

Alors, la sobriété heureuse


Il s’agit, dès lors, de trouver d’autres solutions, et dans cette « 
sobriété heureuse », les initiatives populaires sont nombreuses. Les « monnaies complémentaires » expérimentées à Toulouse, par exemple, les « Amap », qui peinent pourtant à trouver des clients, les sites d’échanges et de partages qui prolifèrent sur la Toile, en sont quelques exemples. On peut d’ailleurs suivre ce lien pour un agenda complet des alternatives de l’été: tout un programme pour les « objecteurs de croissances » !!


Sur Twitter, le mot-clé
#A.Décroissance est assez prolifique en initiatives tous azymuts:


« 
#occupyfakeDemocracy »

« Des indicateurs alternatifs de « richesse » : lesquels ? et pour quels usages ? »

« Des préfectures autorisent la consommation d’eau potable polluée »


A son niveau, le réseau social des Colibris est aussi une belle idée. Le nom est tiré d’une vieille légende amérindienne dépoussiérée pour l’occasion:


« 
Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit :« Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu !» Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »


Le site propose une série de
fiches pratiques:


« 
Se nourrir, se loger, éduquer, se fournir en énergie, se déplacer : découvrez 21 fiches pratiques, des témoignages d’acteurs engagés, pour vous aider étape par étape, à transformer votre territoire. »


Voilà le mot de la fin, chacun, à son petit niveau et avec toutes ses contradiction, peut, comme le colibri, aider à éteindre le feu. L’Europe est en feu? Voyons ce que nous pouvons faire pour l’éteindre.

En passant  —  Publié: 20 juillet 2012 dans Non classé

Dépoussiérage

Publié: 18 juillet 2012 dans Non classé
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Combien de temps que je ne publie rien ici ?? Pfiuu !! Quelle désolation !!!
Va falloir enlever les toiles d’araignées !!!! Bon je prépare un truc et je poste à la suite…..