Chaos à Fortaleza

Publié: 9 août 2013 dans Politique brésilienne

Oui, on est d’accord, ça fait titre de polar, mais il semblerait que ce qui s’est passé ces derniers jours à Fortaleza ne soit pas qu’une extension du domaine de la lutte. Lutte qui oppose depuis 29 jours maintenant, des gens qui manifestent contre le projet de destruction d’une partie du parc écologique du Rio Coco.

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Le parc est réellement intégré à la ville, c’est son poumon, son air conditionné, sans lui, la ville, dont la température ambiante ne cesse d’augmenter à cause de la barre d’immeubles sur le front de mer qui coupe le vent venant du large, deviendra vite étouffante et impossible à vivre. Il s’agit, de plus, d’une zone normalement protégée et qui représente tout de même un peu plus de 1000 ha en plein coeur de la ville. Protégée, parce que c’est aussi une zone de mangrove qui abrite des espèces endémiques (poissons, crustacés, oiseaux et mammifères).

Tout cela, comme on peut le voir, sur le plan ci-dessous, en plein aire urbaine. Entouré de quartiers qui vont du plus populaire au plus chic en passant par les zones commerciales et les aires de loisirs.

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Il s’agit d’une belle image idyllique et qui ferait baver d’envie tout bon urbaniste qui se respecte, un tant soit peu respectueux de l’environnement, par ces temps d’agression permanente à la nature et sous la poussée de la pression immobilière.

Seulement voilà, il en va à Fortaleza comme partout ailleurs et comme le disait si joliment Caetano Veloso «  a força da grana que ergue e destroi coisas belas » et en train de l’emporter petit à petit. Cela commence par des immeubles qui viennent en rogner les bords et cela continue aujourd’hui par ce qui nous préoccupe tant, la déforestation d’une grande partie de ce parc pour faire place à un viaduc censé résoudre les problèmes de circulation de cette ville de presque 3 Millions d »habitants. En voici le projet:

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Je colle ici le cri d’alarme lancée par mon amie Bia Furtado:
A mes amis français, je voudrais vous demander de lire et de diffuser ce texte parmi vos amis, afin que nous puissions dénoncer la violence contre la nature et affirmer notre lutte pour la vie.

Ce qui se passe à Fortaleza, Brésil

« La police expulse les campeurs qui occupaient le parc du Coco à coups de bombes lacrymogènes, et commence l’abattage des arbres.

Vers quatre heures du matin, le Jeudi 8 Août, environ 120 hommes du groupes des opérations spéciales de la Garde Municipale ont délogé de leurs tentes les manifestants qui occupaient le Parc du Coco, à grands renforts de bombes lacrymogènes, de matraques et de flashballs. Selon l’attachée de presse de la Mairie, la police militaire aurait « aidé » à l’évacuation des lieux pour éviter d’éventuels affrontements.

Environ 9 camions et un tracteur ont ensuite débarrassé les lieux des tentes et de tout ce qui appartenait aux campeurs, un peu avant 5 heures du matin. La Mairie a confirmé l’utilisation de bombes lacrymogènes, mais pas de sprays. Pourtant, les manifestants assurent que la police a bien fait usage de ces sprays, en plus des bombes. Daniele, étudiante de 32 ans, a été blessée pendant l’opération, et affirme que la cause en est une grenade de gaz, jeté dans sa tente alors qu’elle dormait. Camila, 23 ans, confirme l’utilisation de spray au sein du campement.

En face, le chef des opérations, Fabio Aquino, a reçu une pierre dans le dos. Les biens des manifestants, qu’il s’agisse des tentes ou des vélos, ont été transportés par des camions municipaux jusqu’à Regional II, selon un fonctionnaire des transports. L’attachée de presse de Regional n’a pas encore confirmé la présence des objets dans les locaux.

La Garde Municipale a ensuite interdit l’accès à la zone, mais les manifestants ont protestés, et la police, dont les membres ne portaient pas d’identification, pourtant obligatoire, a de nouveau eu recours aux bombes lacrymogènes. Pendant ce temps, le tracteur retournait déjà la terre, et les premiers arbres étaient abattus.

Finalement, la police a de nouveau autorisé la circulation autour du parc, sous la contrôle de l’AMC(une sorte de DDE locale), dont les véhicules étaient sur place pour s’assurer du bon déroulement du trafic.

Au cours de l’opération de désoccupation, quatre affrontements entre forces de l’ordre et manifestants ont été enregistrés. Wagner Marinho, activiste du « Grupo Permacultura e Radical », et Adriano, membre de l’assemblée anticapitaliste et étudiant de l’Uece, ont été arrêtés et emmenés au commissariat, en compagnie d’un troisième manifestant. L’avocat des mouvements populaires, Jairo Ponte, s’est immédiatement rendu sur place pour assurer la défense des personnes interpelées. »

Des images de chaos urbain. Alors on est d’accord, au niveau du nombre, on n’y est pas… reconnaissons qu’il n’y a pas grand monde et que les policiers ne sont pas non plus « tout un bataillon »… mais moi ce qui me choque dans ces images c’est l’entrain avec lequel ces policiers tapent sur tout ce qui bouge, des femmes, des vieilles dames mêmes et le sentiments d’impunité et de totale liberté qui semble les habiter. On dirait qu’il n’y a pas de chef et qu’ils sont largués là, au milieu des gens qui manifestent paisiblement, laissant libre court à leurs instincts les plus violents. le rêve de tout policier ???
La Smaff est un concessionnaire automobile, riverain du parc, où se sont réfugiés des manifestants effrayés par la furie policière. Des manifestants ont bien sûr été embarqués (combien vont disparaitre comme Amarildo ??) et beaucoup sont repartis blessés. On commence à parler « d’état d’urgence  » …. « ETAT D’URGENCE » ???  on croit rêver !!
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